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La Bible est-elle vraiment inspirée ? L'accomplissement exact de nombreuses prophéties depuis des siècles confirme son authenticité. La Bible révèle notre passé, notre présent et notre avenir; à nous de les découvrir !
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible en français courant éditée par l'Alliance Biblique Universelle, 1983. A ceux qui désirent copier et publier des articles, je leur demande de mentionner le titre et le lien URL de l'article, ainsi que le nom de l'auteur. Les commentaires anonymes et non signés ne seront plus publiés. Merci et bonne lecture.

vendredi 22 janvier 2016

''Avec une pelle en main et la Bible dans l'autre''

La récente découverte d'un sceau en argile (bulla) au nom du roi judéen Ezékias a ravivé l'enthousiasme des biblistes et croyants du monde entier.
Le sceau, découvert en 2010 et identifié il y a peu, fut présenté au public lors d'une conférence de presse au début décembre 2015 par Madame Eilat Mazar, archéologue de l'Université hébraïque de Jérusalem (1).

C'est dans les fouilles de l'Ophel, au pied du mont du Temple, que l'objet fut trouvé, puis identifié avec certitude comme étant l'empreinte du sceau du roi Ezékias par Madame Reut Ben Arieh de l'Université hébraïque.
La pièce en argile, de la taille d'une petite monnaie, mesure 9,7 sur 8,6 millimètres et représente dans un style égyptien le soleil avec deux ailes, flanqué de deux croix ankh, avec l'inscription en hébreu ancien : «  A Hezekiah {fils de} Achaz, roi de Judée ».

Pour rappel, Ezékias fut un des plus célèbres rois de Juda, qui régna de 715 à 686 avant notre ère (II Rois 18 à 20 ; Esaïe 36 à 39 et II Chron. 29 à 32).

Spécificité de l'archéologie biblique

Si d'une manière générale l'archéologie apporte à l'historien les preuves dont il a besoin pour étayer son argumentation, l'archéologique biblique revête parfois une dimension religieuse et/ou politique supplémentaire.
En effet, au-delà de l'intérêt scientifique et historique qu'apportent habituellement les nouvelles découvertes, la mise au jour d'éléments archéologiques en Israël suscite bien plus de passions et de controverses que nulle part ailleurs.
C'est ainsi que pour certains, la moindre trouvaille - ou l'absence de découverte pour d'autres - est parfois prétexte à l'affirmation de revendications territoriales. Alors que pour les croyants, c'est leur foi qui sera confortée, ou remise en question selon les sensibilités.

Faut-il fouiller avec ou sans la Bible ?

Dans un souci de neutralité confessionnelle, certains préfèrent parler d'archéologie « syro-palestinienne » au lieu d'archéologie biblique. Mais, même si cette dernière appellation dérange quelque peu les « minimalistes » (2), c'est tout de même bien la Bible qui reste la source littéraire principale fournissant repères et informations nécessaires à la conduite des recherches.

Savez-vous que l'existence des Hittites, dont aucun texte de l'antiquité gréco-romaine ne parlait, était mise en doute malgré leur mention dans la Bible. Ce n'est qu'au début du XXe siècle, après le déchiffrement des hiéroglyphes et de l'écriture cunéiforme, qui les mentionnaient, que leur existence fut confirmée.

Cet acharnement que certains ont à réfuter systématiquement le récit biblique, parce que certains faits relatés ne sont pas (encore) corroborés par des trouvailles, est tout simplement puérile et malhonnête. Il est évident que tout ne peut s'expliquer par l'archéologie et qu'avant de découvrir l'objet « témoin », celui-ci demeure forcément inconnu puisque enfui dans le sous-sol et caché au regard des sceptiques !

C'est ainsi que certaines voix semblent nier l'existence du Temple de Salomon. Mais qu'il soit alors permis aux archéologues d'effectuer des sondages et des fouilles sur le lieu supposé de l'emplacement de ce temple, et nous verrons bien si ce bâtiment était une fiction ou pas !

Est-il aussi raisonnable de prétendre que le règne des rois David et Salomon était un mythe, alors que l'existence de leurs successeurs directs est attestée par plusieurs découvertes, dont ce sceau en argile au nom d'Ezékias ?

« Ezékias fit ce qui plaît au Seigneur, tout comme son ancêtre David. » (II Rois 18 : 3).

L'exhumation en 1993 du fragment d'une stèle en basalte appelée « la stèle de Tel Dan », comportant l'inscription « la maison de David » aurait pourtant dû convaincre les « minimalistes » et les incrédules de la réalité historique du règne de David.

De même, les récentes campagnes de fouille réalisées par Eilat Mazar ont également permis de mettre au jour une portion de l'ancienne muraille de Jérusalem, longue d'une septantaine de mètres, ainsi qu'une tour ; le tout daté du dixième siècle avant notre ère, soit l'époque du règne de Salomon.

Et, quelques années auparavant, ce sont les murs d'un vaste bâtiment situé dans la Cité de David qui furent exhumés. Si on ne peut encore déterminer avec exactitude la fonction de ce bâtiment, l'importance des vestiges et leur localisation privilégiée sur les hauteurs du site tendraient à prouver qu'il s'agit bien des ruines du palais du roi David.

D'autre part, des archéologues, ayant retrouvés des idoles (notamment des statuettes d'Astarté) sur des sites habités jadis par les Israélites, soutiennent que ceux-ci étaient foncièrement polythéistes et que le monothéisme serait apparu très tard dans la société israélite. Mais une fois encore, cette affirmation est contredite par les Écritures, qui attestent bien que les Israélites adoraient YHWH, quoiqu'il fut parfois difficile pour certains d'entre-eux à se débarrasser de leurs idoles :

« ... Si c'est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur, cessez d'adorer les idoles d'Astarté et de tous les autres dieux étrangers ; attachez-vous au Seigneur et servez-le lui seul ...» (I Samuel 7 : 3).

D'autres découvertes ...

Bien que les découvertes archéologiques corroborant la validité des Écritures soient rarement spectaculaires, les vestiges et objets que l'on a déjà exhumés confirment souvent de façon surprenante le Texte biblique.

Le déluge, qui est souvent considéré comme un mythe, a marqué toutes les civilisations du monde. Que la catastrophe ait été locale (en Mésopotamie) ou universelle, tous les peuples de la terre possèdent un récit - souvent romancé et déformé - d'une gigantesque inondation à laquelle quelques humains seulement survécurent.

Quant aux villes de Sodome et Gomorrhe, c'est au début des années 1970 que les archéologues Walter Rast et Thomas Schaub ont mis au jour les ruines de ces cités au sud-est de la mer Morte, grâce à la théorie du géologue F. G. Clapp et des recherches effectuées par W. F. Albright en 1924. Ces deux villes détruites au début de l'âge du bronze moyen correspondent à l'actuel site de Bab edh-Dhra pour Sodome et Numeira pour Gomorrhe.

Certains s'étonnent aussi de l'absence de preuve matérielle laissée par les Patriarches de la Bible. Mais que voulez-vous retrouver de ces gens qui vivaient en petits groupes nomades il y a près de 4 000 ans ? La cité d'Ur en Chaldée, d'où est sorti Abraham, a pourtant bien été identifiée, et l'arrivée de groupes de Sémites au pays d’Égypte est également bien attestée ; ne fut-ce que par la splendide fresque de la tombe de Khnoumhotep II découverte à Beni-Hassan en Égypte et datée de 1890 avant notre ère.
Cette fresque représente un groupe de Sémites se rendant en Égypte à l'époque d'Abraham. Détail intéressant : leur habits très colorés nous rappellent la magnifique tunique que portait Joseph (Genèse 37 : 23).


Selon certains historiens, la présence des Israélites en Égypte et leur Exode serait également un mythe.
Si l'on prétend que l'Exode s'est déroulé au milieu du XIIIe siècle avant notre ère sous Ramsès II, il est vrai qu'il y a peu de chance pour que cette histoire majeure de la Torah soit corroborée par l'archéologie.
Par contre, si l'on respecte la chronologie biblique en reculant la date de l'Exode de deux cents ans, on s'aperçoit que les événements décrits dans le Texte deviennent tout à coup cohérents et vraisemblables (3).

La controverse concernant l'histoire de l'Exode réside dans une erreur de datation. Ramsès II n'est pas le pharaon de l'Exode ! Les archéologues Finkelstein et Silberman reconnaissent d'ailleurs qu'il eut été impossible qu'un groupe d'esclaves ait pu sortir du pays d’Égypte à l'époque de Ramsès II (4).

On a effectivement retrouvé les traces d'un peuple étranger qui se serait installé en Basse Égypte vers 1700 avant notre ère, et que les Égyptiens nommaient « Hyksôs » (Pasteurs étrangers). C'est d'ailleurs eux qui ont introduit en Égypte le char tiré par des chevaux.
Leur capitale, Avaris, appelée plus tard Pi-Ramsès, était bien située dans la région de Goshen, à l'est du delta du Nil. Et le récit de Manéthon (5), rapporté par Flavius Josèphe dans Contre-Apion, relate bien - mais de façon déformée - l'exode de ces Hyksôs vers l'Est. Les différentes campagnes de fouille de Manfred Bietak ont d'ailleurs bien confirmé l'existence de cette population sémite dans le Delta (6).

Et le mont Horeb aurait été localisé dans les années 1980 à Har Karkom dans le sud du Néguev à la frontière égyptienne par le professeur Emmanuel Anati, paléo-ethnologue de l'Université de Lecce en Italie. Les découvertes de ce scientifique, qui se disait agnostique, sont surprenantes (7).

Quant à la conquête de Canaan menée par Josué, ce sont encore des tablettes en argile avec inscriptions cunéiformes qui nous relatent l'invasion des « Habirus » (8) en Canaan.
Or, ces tablettes, découvertes à Tell el-Amarna (Egypte) en 1887, sont datées de l'époque même de la conquête des Hébreux, soit plus ou moins vers le début du XVe siècle avant notre ère.

Et enfin, la présence des Israélites en terre de Canaan est attestée par la célèbre stèle de Merenptah, découverte par Flinders Petrie en 1896 et datée de – 1210. Il y a tout lieu de croire cependant qu'ils étaient déjà installés sur les hautes terres de Canaan depuis presque deux cents ans, puisque la conquête éclair de Josué eut lieu dès – 1406.

Pour la période qui s'étend du règne de Salomon au premier siècle de notre ère, nous disposons de preuves archéologiques plus nombreuses et largement suffisantes pour corroborer le récit biblique. Décrire ces découvertes sera une autre histoire ...

Notes :

1) Voir article du 2 décembre 2015 écrit par Ilan Ben Zion dans le Times of Israel.

2) Les archéologues du courant « minimaliste » considèrent que la plupart des textes de la Bible hébraïque ont été rédigés entre le Ve et le Ier siècle avant notre ère. Selon eux, les événements historiques rapportés par la Bible sont minimes et peu crédibles, d'où le nom qui leur a été donné. A l'opposé de ce mouvement, les « maximalistes » ont peut-être tendance à vouloir tout expliquer par les Écritures, même quand cela est difficile.


4) Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, la Bible Dévoilée, Les Nouvelles Révélations de l'Archéologie, Bayard, Paris, 2002, p. 78.

5) Manéthon de Sébénnytos était un prêtre égyptien qui vécut au IIIe siècle av. J.-C. A la demande de Ptolémée Ier Sôter, il écrivit une histoire de l’Égypte en trente volumes où figurait l'épisode de l'Exode. Cette œuvre malheureusement disparue ne nous est connue que par quelques citations fragmentaires rapportées par Flavius Josèphe (Ier siècle ap. J.-C.).

6) Manfred Bietak, Avaris, The Capital of the Hyksos, Recent Excavations at Tell el-Dab'a. Published by British Museum Press, London, 1996.


8) Les Habirus désigneraient les Hébreux de la Bible, et le nom grec « Hyksôs », les « Pasteurs étrangers ». Ces différents noms peuvent troubler le lecteur, mais ne nomme-t-on pas les Tziganes des Gitans ou des Roms, alors qu'il s'agit du même peuple ?

Cet article a également été publié sur "Ops & Blogs" du « Times of Israel » :

Janvier 2016
Jacquy Mengal

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