Présentation :

La Bible est-elle vraiment inspirée ? L'accomplissement de nombreuses prophéties et la découverte de nombreux vestiges archéologiques confirment son authenticité. La Bible révèle notre passé, notre présent et notre avenir; à nous de les découvrir !
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible en français courant éditée par l'Alliance Biblique Universelle, 1983. Les commentaires anonymes et non signés ne seront plus publiés. Merci et bonne lecture. © Copyright 2009-2021 Tous droits réservés

vendredi 28 mai 2021

L'archéologie biblique est en deuil !


L’intrépide archéologue de l’époque biblique Eilat Mazar décède à 64 ans

Chercheuse à l’Université hébraïque, elle a excavé le “palais du roi David” et contribué considérablement à la connaissance archéologique de l’histoire d’Israël et de Jérusalem



Vous pouvez lire l'article sur le journal "The Times of Israel"


J'adresse mes plus sincères condoléances à toute la famille de Madame Mazar et à ses proches.
Jacquy Mengal

vendredi 16 avril 2021

Où était situé le Temple de Jérusalem ?

Voici un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d'encre depuis de nombreuses années, sans que l'on soit encore parvenu à résoudre cette énigme archéologique. Bien sûr, il suffirait de creuser quelques tranchées de fouilles pour pouvoir enfin obtenir une réponse satisfaisante. Mais, l'autorité islamique (Waqf) qui gère l'esplanade des mosquées semble encore réticente à l'idée de permettre toute investigation archéologique à cet endroit, alors que des travaux d'excavation considérables avaient été réalisés en 1999 au sud-est de l'esplanade sous le contrôle de la même autorité !

Chers lecteurs, je ne vais pas retracer ici l'historique des temples bâtis par Salomon et Zorobabel ni argumenter sur la nécessité de la reconstruction d'un troisième temple à notre époque pour que s'accomplisse la prophétie biblique. Nous avions déjà abordé ces sujets il y a quelques années dans « Le Temple de Dieu à Jérusalem » et dans « Controverse sur l'emplacement du Temple de Jérusalem ».

Bien qu'il existe plusieurs hypothèses quant à l'emplacement précis des deux temples qui se sont succédé sur le mont Moria, aucune n'est encore parvenue à faire l'unanimité parmi les chercheurs. Les partisans de chacune des quatre théories principales défendant évidemment leur point de vue avec arguments et conviction, mais il y en a forcément une seule qui est vraie !

Les hypothèses

1. La théorie la plus populaire est celle du site où se dresse aujourd'hui la mosquée du Dôme du Rocher. C'est l'idée qui était soutenue par Leen Ritmeyer et Dan Bahat.

2. La seconde hypothèse est celle proposée par l'architecte Tuvia Sagiv, qui situe le Temple entre la mosquée du Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.

3. Il y ensuite l'emplacement juste au nord de la mosquée du Dôme du Rocher, là où se trouve un petit dôme dit des « Tablettes » ou « des Esprits ». Ce site avait été suggéré par le physicien Asher Kaufman dans les années 80.

4. Un quatrième site, soutenu par certains biblistes comme B. Cornuke et d'autres évangéliques, est supposé se trouver sur les hauteurs de l'ancienne Cité de David. Cette théorie très controversée fut émise par Ernest L. Martin en 1999, (voir « Controverse sur l'emplacement du Temple de Jérusalem »).

Tout récemment, un nouveau chercheur nommé Christian Widener a repris la théorie de Asher Kaufman, dans un livre intitulé « The Temple Revealed », où il situe le Sanctuaire au nord du Dôme du Rocher, avec l'emplacement du Saint des Saints à l'endroit même où se trouve le Dôme des Tablettes.

Quoique cet ingénieur américain ne prétende pas être archéologue, il a néanmoins l'avantage, de par sa formation et son métier, d'être très rigoureux et logique, ce qui est appréciable dans ce genre de recherche.

Où se trouvait alors le Temple ?

Si, je n'ai, moi-même, pas du tout la prétention de savoir où se trouvait exactement le Sanctuaire, je pense que le site (n°1) sous le Dôme du Rocher doit être exclu1, car le Texte biblique nous dit que le lieu d'Aravna acheté par le roi David était une aire de battage des céréales. Or, ce genre d'endroit devait impérativement être plat et horizontal, ce qui n'est visiblement pas le cas de l'affleurement rocheux qui se trouve sous la Coupole d'or.

« 18 (...) - Monte sur l'aire où Aravna bat son blé, et construis là un autel pour le Seigneur. (...) 20 D'en haut, Aravna vit le roi et ses ministres qui venaient vers lui... » (II Sam. 24 : 18, 20).

« Salomon commença à bâtir la maison du Seigneur à Jérusalem, sur le mont Moria ; là, [le Seigneur] était apparu à son père David, qui avait fixé son choix sur l'emplacement lui appartenant dans l'aire d'Ornan, le Jébuséen. »2 (II Chr. 3 : 1, v. Zadoc Kahn).

Je ne vais pas non plus expliquer pour quelles raisons la théorie (n°4) qui situe le Sanctuaire dans la Cité de David est tout à fait improbable. Je vous renvoie à l'article « Controverse sur l'emplacement du Temple de Jérusalem », si cela vous intéresse. J'ajouterais, cependant, que l'espace nécessaire pour situer le périmètre sacré de cinq cents coudées3 de côté est difficile à trouver sur les hauteurs de l'ancienne Cité de David.

« 15 Lorsque l'homme eut terminé de mesurer les bâtiments intérieurs du temple, il me fit sortir par le porche est. Il se mit alors à mesurer l'espace qui entourait le temple. 16 Avec le roseau à mesurer, il trouva que le côté est avait cinq cents mesures de longueur. 17 Il renouvela l'opération pour les côtés nord, sud et ouest et trouva partout la même longueur, soit cinq cents mesures. 20 C'est ainsi qu'il mesura le mur qui entourait le temple sur ses quatre côtés. Le mur formait un carré de cinq cents mesures de côté et il servait à séparer l'espace réservé à Dieu de l'espace profane » (Ez. 42 : 15-20).

Il nous reste donc deux sites possibles à envisager : d'abord celui (n°2) au sud de la mosquée du Dôme du Rocher revendiqué par Tuvia Sagiv.

Cet emplacement a des arguments historiques intéressants et une position géographique qui ne l'est pas moins. En effet, si ce lieu est bien l'endroit où se dressait jadis le Sanctuaire, il serait tout à fait possible de le rebâtir à la même place et son accès serait grandement facilité par la rampe des Maghrébins accessible depuis l'entrée de l'esplanade du Kotel.

Il y a enfin le site (n°3) défendu par Asher Kaufman et Christian Widener, au nord de la mosquée du Dôme du Rocher. Ce site a ses détracteurs, pourtant, ses partisans ont d'excellents arguments à faire valoir.

D'abord, l'affleurement rocheux visible sous le Dôme des Tablettes est une partie du sol en place de l'époque et il correspond tout à fait au vestige d'une aire de battage (plat et horizontal).

Ensuite, il y a un indice tellement évident que l'on pourrait se demander pourquoi il ne suscite pas plus d'intérêt. C'est la Porte de Shushan, appelée aujourd'hui, la Porte dorée !

Cette porte murée par Soliman le Magnifique au milieu du XVIe siècle était parfaitement alignée avec le mont des Oliviers et l'entrée du Temple ; ce que le Talmud et la Bible précisent.

« Il faut éviter de montrer un manquement à la porte Est (du mont du Temple), car elle est en ligne directe avec le Saint des Saints. » (Mishnah, Berakhot 9 : 5).

« L'homme me conduisit à la porte orientale. Je vis alors la glorieuse présence du Dieu d'Israël venir de l'est. Elle était accompagnée d'un bruit pareil au grondement de la mer et elle illuminait la terre de sa clarté. » (Ez. 43 : 1-2).

« Puis, il me ramena du côté de la porte extérieure du Sanctuaire, qui est tournée vers l'Est ; mais elle était fermée. 2 Et l'Eternel me dit : ''Cette porte restera fermée, on ne l'ouvrira point, et personne n'entrera par elle, car l'Eternel Dieu d'Israël est entré par elle : elle restera donc fermée''.» (Ez. 44 : 1-2, v. Zadoc Kahn).

Notez que cette porte est très ancienne : elle figure sur la mosaïque de Madaba datée du VIe siècle de notre ère, et les vestiges d'une porte encore plus ancienne (époque du premier temple) furent repérés sous la porte actuelle par James Fleming en 1969.

D'autre part, cet endroit se trouvait non loin de l'ancienne forteresse (disparue) Antonia4, d'où les Romains pouvaient avoir un œil sur l'activité du service lévitique. Enfin, l'espace sacré de cinq cents coudées de côté se retrouve aisément à cet endroit de l'esplanade.

Hypothèses n°2 de Tuvia Sagiv et n°3 de Asher Kaufman





Conclusion

S'il est difficile de savoir exactement où se trouvait le Temple, en l'absence de fouilles, même partielles, la Waqf devrait bien se rendre compte qu'aucun de ces deux sites ne porterait préjudice aux mosquées existantes. Ainsi, la reconstruction du Temple serait une occasion unique pour tous les peuples d'honorer le Dieu d'Abraham.

« je les amènerai sur ma sainte montagne, je les comblerai de joie dans ma maison de prières, leurs holocaustes et autres sacrifices seront les bienvenus sur mon autel ; car ma maison sera dénommée ''Maison des prières pour toutes les nations''. » (Isaïe 56 : 7, v. Zadoc Kahn).

Notes :

1° Il n'en demeure pas moins que ces deux chercheurs ont réalisé un travail considérable qui a véritablement fait progresser nos connaissances archéologiques et historiques sur le mont du Temple et la ville de Jérusalem.

2° Ornan, le Jébusite et Aravna désignent la même personne.

3° Si l'unité de mesure utilisée était la coudée royale égyptienne, alors l'aire sacrée devait mesurer : 500 coudées x 0,525 m = 262,5 m de côté.

4° La forteresse Antonia, occupée par les Romains, avait été bâtie par les Hasmonéens.

Cet article a aussi été publié le 10 Mars 2021 sur «Ops & Blogs» du Times of Israel : https://frblogs.timesofisrael.com/ou-etait-situe-le-temple-de-jerusalem/

Avril 2021

Jacquy Mengal

vendredi 2 avril 2021

En route pour la Pentecôte 2021 !

 Décompte de l'Omer du 28 mars jusqu'à la Pentecôte, le dimanche 16 mai.

  • le 28 mars : premier jour de l'Omer

  • le 29 mars : deuxième jour de l'Omer

  • le 30 mars : troisième jour de l'Omer

  • le 31 mars : quatrième jour de l'Omer

  • le 01 avril : cinquième jour de l'Omer

  • (...)

  • le 15 mai : quarante neuvième jour de l'Omer

  • le 16 mai : Shavouot (Pentecôte)

La bénédiction pour le décompte de l'Omer a lieu chaque soir au coucher du soleil. On récite alors :


"Baruch Atah Ado-nai Elo-hai-nu Melech Ha-olam, Asher Kid'shanu B'Mitzvotav V'tzi-Vanu Al Sefirat Ha-Omer."

«Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, Roi de l'Univers, qui nous a sanctifiés par tes commandements et nous a encouragés à compter l'Omer."

Puis on décompte le jour en disant : "Aujourd'hui est un jour de l'Omer (puis deux jours, puis trois jours, etc)."

Le Psaume 67 est également récité tous les jours, car il est composé exactement de 49 mots hébreux qui correspondent aux 49 jours de l'Omer. Ce Psaume est de circonstance puisqu'il évoque les récoltes. Il est tout aussi approprié spirituellement, parce qu'il parle clairement du salut [la moisson des élus] sur toute la terre par Yéchoua.

Psaume 67

« 1 Du répertoire du chef de chorale. Accompagnement sur instruments à cordes. Chant.

2 Ô Dieu, accorde-nous ton appui et bénis-nous ; fais-nous bon accueil. Pause

3 Ainsi l'on saura sur terre, comment tu interviens ; on saura parmi toutes les nations que tu es le Sauveur.

4 Que les peuples te louent, Dieu, que tous les peuples te louent !

5 Que les nations expriment leur joie par des cris, car tu juges les peuples équitablement, et sur la terre tu conduis les nations. Pause

6 Que les peuples te louent, Dieu, que tous les peuples te louent !

7 La terre a donné ses produits ; que Dieu, notre Dieu, nous bénisse !

8 Oui, que Dieu nous bénisse, et que les peuples les plus lointains reconnaissent son autorité ! »

Document traduit et adapté par moi-même du site :

El Shaddai Ministries

1231 Fryar Ave Sumner,

WA 98390

(253) 862‐8010

https://www.esm.us/

Avril 2021

Jacquy Mengal

vendredi 12 mars 2021

Que s'est-il passé à Jérusalem dès l'an 30 ?

Peu de gens savent que le Temple de Jérusalem fut le théâtre d'une série de phénomènes étranges survenus à partir de l'an 30, notamment à l'occasion du service quotidien et lors de chaque fête de Kippour.

Ces phénomènes hors du commun, qui ont débuté une quarantaine d'années avant la destruction du Temple, ont été observés par de nombreux Juifs ayant vécu à cette époque-là. Ensuite, tous ces signes ont été rapportés, puis minutieusement consignés dans les deux versions du Talmud (1) par les rabbins dès le début de notre ère.

Chers lecteurs, si j'ai choisi de publier à nouveau cet article, que j'avais écrit il y a déjà sept ans, c'est parce que ces événements sont autant d'indices révélant que le Seigneur Yéchoua aurait bien été crucifié lors de la Pâque de l'an 30.

D'autre part, tous ces signes nous montrent aussi que le Tout-Puissant ne fait jamais rien sans avertir les hommes.

En effet, tous ces phénomènes qui se sont déroulés pendant 40 ans (2), jusqu'à la destruction du Temple, auraient dû alerter la génération (3) de l'époque sur l'imminence de la catastrophe de l'an 70 et lui faire prendre conscience que quelque chose avait fondamentalement changé sur le plan religieux, depuis cette année 30, lorsque ces prodiges ont débuté.

« Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive ». (Matt. 24 : 34, v. L. Segond)

Quels étaient ces signes étranges ?

Voici ce que rapporte le Talmud de Babylone :

« Nos rabbins enseignaient : Au cours des quarante dernières années avant la destruction du Temple le tirage au sort ['Pour le Seigneur'] n'est pas venu dans la main droite, ni le ruban de couleur rouge n'est devenu blanc, et la lumière occidentale (de la Ménorah) n'a plus brillé et les portes du Hekel [du Temple] s'ouvraient d'elles-mêmes, jusqu'à ce que Rabban Yohanan Ben Zakkai les réprimanda, disant : Hekel, Hekel, pourquoi veux tu nous alarmer ? Je sais que tu seras détruit, car Zacharie fils d'Ido avait déjà prophétisé à ton sujet (Zach. 11 : 1) : « dit au Temple : 'Ouvrez vos portes, ô Liban, et que le feu dévore tes cèdres' » (version Soncino, extrait de Yoma 39b. Passage similaire dans le Talmud de Jérusalem).

Ce passage du Talmud nous parle de quatre phénomènes inhabituels, dont les deux premiers avaient lieu à l'occasion de chaque fête des Expiations durant les quarante années qui précédèrent l'an 70. Les deux autres signes concernaient plus précisément le service quotidien du Temple.

1° Le tirage au sort lors du Yom Kippour

La fête des Expiations (Yom Kippour) était un des jours les plus importants de l'année pour la communauté israélite. A cette occasion, de nombreux Juifs venaient de tout le pays et de l'étranger à Jérusalem pour participer à la cérémonie qui était pour la circonstance grandiose et solennelle.

C'était, en effet, lors de cette fête que les péchés du peuple étaient pardonnés par le Seigneur grâce au rituel des sacrifices qui se déroulait au Temple de Jérusalem (voir Lévitique, chapitre 16).

Lors de ce rituel, le Grand prêtre qui, pour la seule fois de l'année, pénétrait dans le saint des saints devait être dans un état de grande pureté (il se préparait tout au long de l'année pour cela. Il se lavait et changeait de vêtements plusieurs fois au cours de cette journée spéciale).

On lui apportait deux boucs identiques qu'il devait tirer au sort pour désigner lequel était « pour le Seigneur » et lequel était « pour Azazel » (4).

Pour ce faire, le Grand prêtre plongeait ses mains dans une boîte pour en retirer les deux lots représentant les deux boucs (5). Soit le lot « pour le Seigneur » et celui « pour Azazel ». Quand le lot « pour le Seigneur », représenté à un certain moment par une pierre blanche, venait dans la main droite, c'était un bon présage, mais si ce lot arrivait dans la main gauche, c'était un mauvais signe.

Avant cette année 30, cette loterie était aléatoire (la pierre blanche tombait aussi bien dans la main droite que dans la gauche). Mais durant les quarante années qui précédèrent la destruction du Temple, la cérémonie ne s'est plus passée comme auparavant.

Chaque fois que le Grand prêtre effectuait le tirage au sort pour départager les boucs, il sortait la pierre noire hors de la boîte dans la main droite (et forcément la pierre blanche dans la main gauche). Cette coïncidence est arrivée chaque année lors de la fête, depuis l'an 30 jusqu'à la disparition du Temple en 70 !

Les Juifs ont remarqué ce phénomène qu'ils ont interprété comme étant de mauvais augure. En effet, c'était le fait de voir arriver la pierre blanche dans la main droite du Grand prêtre qui était considéré comme un bon signe et non l'inverse.

Dans la tradition hébraïque, tout comme ailleurs, la main droite était plus favorable que la main gauche. Voici ce que rapporte l'évangéliste Matthieu :

«31 Quand le Fils de l'homme viendra (…) 33 il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. (…) 41 Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : « Eloignez-vous de moi, vous qui êtes maudits par Dieu ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! » (Matt. 25 : 31 à 41).

2° Le ruban de couleur rouge ne devenait pas blanc

Ensuite, lorsque le sort était tiré, on attachait un ruban de couleur rouge aux cornes du bouc « pour Azazel », et on attachait l'autre moitié du tissu à la poignée de la porte du Temple. Au bout d'un certain temps ce morceau de tissu devenait blanc, ou il restait parfois rouge, ce qui n'était pas un bon présage.

Et, après avoir sacrifié le bouc « pour le Seigneur » sur l'autel des holocaustes pour le pardon des péchés, celui « pour Azazel » était envoyé dans le désert de Judée où il était jeté d'un précipice, après que l'on ait confessé sur sa tête les péchés du peuple.

Ainsi, lorsque le morceau de tissu attaché à la porte du Temple devenait blanc, s'était un signe probant que le sacrifice d'expiation avait été accepté par le Seigneur. Or, dès le Jour du Kippour de l'an 30 et pendant quarante ans, le tissu attaché à la porte du Temple est resté rouge et n'est jamais plus devenu blanc ; comme si le sacrifice avait été rejeté par le Seigneur :

« Venez donc, dit le Seigneur, nous allons nous expliquer. Si vos crimes ont la teinte du sang, peuvent-ils devenir blancs comme neige ? S'ils sont rouge vermillon, peuvent-ils prendre la blancheur de la laine ? » (Esaïe 1 : 18).

Ces signes étaient d'autant plus funestes que des phénomènes inverses (et donc de bon augure) se sont passés lors de la prêtrise d'un certain Simon le Juste qui fut Grand prêtre au 3e siècle avant notre ère :

« Nos rabbins enseignaient : Pendant les quarante ans du ministère de Simon le Juste, le lot ['Pour le Seigneur'] est toujours venu dans la main droite. Puis après son ministère, il est venu tantôt dans la main droite, tantôt dans la main gauche. Et [pendant ce même temps] le tissus de couleur pourpre devenait blanc. Mais après, il est devenu parfois blanc ou pas. Pendant ces quarante ans également, la flamme occidentale restait allumée, puis après, elle restait allumée ou s'éteignait. » (Talmud, version Soncino, extrait de Yoma 39a).

3° Les portes du Temple s'ouvraient d'elles-mêmes

Le soir, après le service quotidien au Temple, la grande porte de bronze était soigneusement fermée par les lévites. Mais, pendant les quarante années qui précédèrent la chute du Temple, on la retrouvait grand ouverte chaque matin sans que personne ne soit intervenu la nuit. Ce prodige était d'autant plus invraisemblable que cette porte devait être fermée par plusieurs personnes car elle était très lourde.

Voici ce que rapporte Flavius Josèphe dans son livre :

« 3. [288] (...) et l'on vit la porte du Temple intérieur, tournée vers l'Orient, - bien qu'elle fût en airain et si massive que vingt hommes ne la fermaient pas sans effort au crépuscule, qu'elle fût fixée par des verrous munis de chaînes de fer et par des barres qui s'enfonçaient très profondément dans le seuil formé d'une seule pierre -, s'ouvrir d'elle-même à la sixième heure de la nuit. » (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, Livre VI, chapitre V, extrait).

Si on ne peut expliquer comment cette porte s'ouvrait d'elle-même durant la nuit, nous pouvons cependant interpréter ce signe comme étant l'ouverture symbolique de l'accès vers Dieu pour tous les hommes et plus seulement aux lévites.

4° La lumière principale de la Ménorah qui s'éteint

Le chandelier à sept branches (la Ménorah) se trouvait dans le lieu saint (5) sur le côté sud (Ex. 25 : 31-40 et 26 : 35). Outre sa fonction évidente d'éclairage, il représentait symboliquement les sept Esprits de Dieu et plus tard, les sept Églises (Apoc. 1 : 4, 20).

Au cours du service quotidien dans le Sanctuaire, toutes les mèches du chandelier étaient rallumées le soir avec la flamme de la branche centrale. Cette mèche centrale appelée « la flamme occidentale » était la plus importante des sept, puisque c'est avec cette mèche qu'on rallumait les autres flammes éteintes (Ex. 27 : 21). Elle devait donc rester toujours allumée, même si parfois il arrivait qu'elle s'éteigne par accident.

Mais de nouveau, au cours des quarante années qui précédèrent la disparition du Temple, la « flamme occidentale » s'éteignit d'elle-même durant la nuit, malgré le soin particulier apporté par les lévites pour que cette flamme reste constamment allumée (on y mettait plus d'huile et elle était mieux surveillée).

S'il est difficile d'expliquer ce phénomène, on peut néanmoins en deviner la raison symbolique : il était manifeste que la présence de Dieu avait quitté le lieu saint et que ce signe, comme tous les autres d'ailleurs, aurait dû avertir le Grand prêtre et lui indiquer que quelque chose avait changé depuis l'apparition de ces signes dès l'an 30.

« ... Alors je vis sept lampes d'or. Au milieu d'elles se tenait un être semblable à un homme ; il portait une robe qui lui descendait jusqu'aux pieds et une ceinture d'or autour de la poitrine. » (Apoc. 1 : 12-13).

Le Sanhédrin a changé de place

Un autre événement rapporté dans le Talmud s'est aussi déroulé à partir de l'an 30. Il concernait le lieu où siégeait le Sanhédrin (7).

Jusqu'à cette année 30, le Sanhédrin tenait habituellement ses audiences et ses délibérations dans un local attenant au Temple qu'on appelait « la Chambre des Pierres Taillées ». Or, dès cette année-là (en 30), le Sanhédrin a décidé de quitter ce lieu superbe pour siéger dans un local moins prestigieux situé en dehors du Temple :

« Quarante ans avant la destruction du Temple, le Sanhédrin quitta (le local de la « Chambre des Pierres Taillées ») pour siéger dans la salle du commerce (le « Hanuth »). (Talmud de Babylone, version Soncino, extrait de Shabbat 15a).

« Quarante ans avant que le Temple ne soit détruit, le Sanhédrin l'avait abandonné [le Temple] pour tenir ses séances dans le « Hanuth » (un local public de négoce) ». (Talmud de Babylone, version Soncino, extrait de Abodah Zara 8b).

Pourquoi un tel changement de lieu de réunion et quelle en était la raison ?

Cette fois, c'est dans la Bible que nous allons découvrir un indice inattendu, pour expliquer ce changement de lieu, ainsi que pour l'explication du rideau du Temple qui se déchira.

«A ce moment, le rideau suspendu dans le Temple se déchira depuis le haut jusqu'en bas. La terre trembla, les rochers se fendirent,» (Matt. 27 : 51).

L'évangéliste Matthieu affirme qu'il y eut un tremblement de terre au moment de la mort de notre Seigneur. Il est donc tout à fait possible que le Temple ait subi quelques dommages suite à ce séisme et que le local où se réunissait le Sanhédrin soit devenu de ce fait hors d'usage.

De la même façon, le rideau du Temple aurait très bien pu se déchirer sous l'effet de la secousse sismique qui aurait endommagé le linteau par lequel était attaché le rideau. C'est probablement aussi pour la même raison que la porte de bronze s'ouvrait d'elle-même et que la flamme du chandelier s'éteignait par l'effet d'un courant d'air.

Cet autre événement (du rideau déchiré), qui fut également un signe très symbolique, n'a pas été repris dans le Talmud en raison, probablement, du lien de proximité trop évident avec la mort du Messie, car certains chefs religieux avaient voulu «étouffer l'affaire » à tout prix (Matt. 28 : 11-15).

Conclusion

Mes amis, vous aurez certainement compris que le fait que ces phénomènes hors du commun aient été consignés par écrit par les autorités religieuses juives constitue une preuve évidente de l'authenticité des faits rapportés.

En effet, qu'elle aurait été l'intérêt pour le Judaïsme rabbinique de l'époque de révéler ces événements étranges qui auraient pu indiquer que Yéchoua était bien le Messie annoncé par l’Écriture, puisque la plupart des chefs religieux n'a pas reconnu sa divinité ni son titre de Messie.

Pourtant, tous ces signes auraient dû montrer aux prêtres et au peuple de Jérusalem que quelque chose avait manifestement changé dès cette année 30, notamment dans le rituel du Yom Kippour. Car ils se sont bien rendu compte que ce sacrifice d'expiation annuel n'était plus favorable au Seigneur, puisque tous ces signes, qu'ils ont reconnus comme étant des mauvais présages, ont bien été observés puis notés plus tard dans les deux versions du Talmud.

Ceux qui croient que le Messie annoncé dans l’Écriture est bien Yéchoua, savent que ce rite sacrificiel du Yom Kippour (8), tout comme les autres sacrifices sanglants, n'ont plus de raison d'être, puisque notre Seigneur y a mis fin en les remplaçant par son propre sacrifice lors de la Pâque.

« 12 Quand le Christ est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint il n'a pas offert du sang de boucs et de veaux ; il a offert son propre sang et a obtenu pour nous un salut éternel. (...) 28 De même, le Christ aussi a été offert en sacrifice une seule fois pour enlever le péché de beaucoup d'hommes. » (Héb. 9 : 12, 28).

Ainsi, s'il est avéré que Yéchoua a bien été crucifié en l'an 30, cela a forcément dû se passer le mercredi 5 avril, puisque c'était le seul jour qui correspondait à la fois au 14e jour de nisan, jour du sacrifice de la Pâque, à la prophétie des «3 jours et 3 nuits» (Matt. 12 : 40) et à celle de Daniel 9 : 26.

Notes :

1) Le Talmud est un ensemble de livres traitant des traditions juives et du judaïsme qui fut rédigé par les rabbins entre le IIIe siècle et le Ve siècle ap. J.-C. Il y existe deux versions du Talmud, celle de Babylone et celle de Jérusalem qui sont constituées de la même Michna et d'une Guemara différente pour chaque version (la Guemara est un commentaire de la Michna). Quoique le Talmud ne soit pas un livre inspiré par Dieu, il contient cependant des précisions historiques et des détails intéressants concernant les traditions juives.

2) Faut-il rappeler que, dans les Écritures, le nombre 40 symbolise un temps d'attente, de patience et de mise à l'épreuve : (Gen. 7 : 12 et 17 ; Gen. 8 : 6 ; Ex. 24 : 18 ; Deut. 8 : 2 ; I Rois 19 : 8 ; Jonas 3 : 4 et Matt. 4 : 2).

3) Une génération vaut quarante ans (Matt. 24 : 34 et Marc 13 : 30).

4) « Azazel est probablement le nom d'un démon hantant les lieux désertiques », réf. : la Bible en français courant, 1983, page 137.

5) A l'époque du premier Temple, ces lots étaient en bois. Il y était inscrit : « pour le Seigneur » et « pour Azazel ». Ensuite, ils ont été façonnés en or, puis on a utilisé deux cailloux : un blanc qui représentait celui « pour le Seigneur » et un noir « pour Azazel ».

6) A l'époque du roi Salomon, il y avait dix chandeliers qui étaient disposés par groupes de cinq de chaque côté du lieu saint. Ensuite, il ne resta qu'un seul chandelier (I Rois 7 : 49).

7) Le Sanhédrin était à la fois une assemblée législative et le tribunal suprême du peuple juif. Le Grand Sanhédrin siégeant à Jérusalem était composé de 71 anciens, tous versés dans la Loi, alors que le Petit Sanhédrin composé de 23 membres siégeait dans les villes principales où il légiférait en matière de justice.

8) Si le rite sacrificiel tel qu'il se faisait sous la Première alliance ne doit plus être pratiqué, il n'en demeure pas moins que la fête doit toujours être célébrée (voir l'article « Le Jour des Expiations » dans ce blog).

Crédit image : peakpx.com

Mars 2021

Jacquy Mengal