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La Bible est-elle vraiment inspirée ? L'accomplissement exact de nombreuses prophéties depuis des siècles confirme son authenticité. La Bible révèle notre passé, notre présent et notre avenir; à nous de les découvrir !
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mardi 22 décembre 2009

Le Sacrifice perpétuel sera t-il rétabli ?

Cette cérémonie très ancienne est probablement mieux connue du Judaïsme que du monde chrétien. Pourtant, le Nouveau Testament y fait allusion à plusieurs reprises et certaines prophéties encore à venir semblent prédire que le Sacrifice perpétuel sera rétabli pour peu de temps avant d’être brutalement interrompu.

Mais en quoi consistait exactement ce rituel ? Quel était son rôle et sera-t-il vraiment rétabli à notre époque ?

Origine

C’est au pied du mont Horeb, il y a 3 500 ans, que Moïse reçut l’instruction d’offrir chaque jour deux agneaux d’un an à perpétuité. Le premier agneau était offert le matin et le second dans l’après-midi.
Ces sacrifices étaient accompagnés de trois kilos de farine pétrie avec 1,5 litre d’huile fine et de 1,5 litre de vin. En plus, lors des ces cérémonies, le prêtre brûlait un parfum sur un autel d’or uniquement réservé à cet usage (Exode 29 : 38-46 ; 30 : 1-10 ; Nombre 28 : 1-8).

Cette tâche quotidienne était réservée exclusivement aux prêtres lévites et personne d’autre n’avait le droit d’entrer dans le temple et d’effectuer le sacrifice et l’offrande à la place du prêtre.
Le roi Ozias, qui dans un accès d’orgueil pénétra dans le temple, fut atteint subitement de lèpre à l’instant où il s’apprêtait à offrir l’encens. Cette maladie ne le quitta jamais jusqu’à sa mort (II Chroniques 26 : 16-21).

Ainsi, si le Sacrifice perpétuel a été célébré dès le début dans la Tente de rencontre, au milieu du désert, c’est finalement devant le temple de Jérusalem qu’il sera maintenu pendant plusieurs siècles avec plus ou moins de régularité et parfois quelques interruptions (Esdras 9 : 5-6 ; II Rois 3 : 20 ; II Chroniques 24 : 14 ; 29 : 7).

Quel était le but de ce rituel ?

D’une façon générale, la pratique des sacrifices était destinée à expier les fautes commises par les enfants d’Israël, que ce soit les fautes personnelles d’un individu ou celles commises par le peuple en entier.

Mais cette cérémonie du Sacrifice perpétuel représentait bien plus que cela. Elle devait se dérouler à des heures bien précises de la journée car il s’agissait de moments de rendez-vous entre l’Eternel et les hommes.
C’est en effet à ces heures de sacrifices que l’Eternel entrait en contact avec le prêtre pour donner ses instructions et ses messages (Exode 29 : 42-43 ; I Rois 18 : 36-39).
Et même lors de la période d’exil quand le temple était en ruine, le prophète Daniel, déporté à Babylone, avait pris l’habitude de prier en direction de Jérusalem aux moments de ces heures de sacrifices, ainsi qu’à la sixième heure (midi) (Daniel 6 : 11-14).

Du reste, le Seigneur s’adressa à lui au moment de la prière de l’après-midi (Daniel 9 : 20-23); tout comme il se révéla au prêtre Zacharie, quelques siècles plus tard, au moment de l’offrande de l’encens pour lui annoncer que sa femme, Élisabeth, lui donnerait un fils que l’on connait sous le nom de Jean le baptiste (Luc 1 : 10-13).

Quand se déroulaient ces sacrifices ?

Ces rituels du matin et de l’après-midi (certaines bibles notent « vers le soir ») avaient lieu à des moments précis et annoncés à l’avance, afin que tous ceux qui désiraient y assister soient présents au moment du sacrifice. Le sacrifice du matin se déroulait à la troisième heure (Actes 2 : 15) et celui de l’après-midi à la neuvième heure (Actes 3 : 1).
Cela signifie qu’il était nécessaire de diviser la partie diurne du jour en douze et de compter par addition pour savoir quelles étaient la 3e et la 9e heure (Jean 11 : 9-10).
Il fallait que ce calcul soit fait régulièrement puisque la durée du jour varie au cours de l’année. En effet, si l’heure d’hiver (1/12 partie de la journée) est inférieure à 60 minutes (heure chrono), l’heure d’été est évidemment supérieure à ces 60 minutes.

Prenons comme exemple le calcul du jour de la Pâque 2009 qui tombe le 08 avril :
Entre le lever du soleil et son coucher, il y a 13h24 ; ce qui fait 804 minutes que l’on divise par 12. On obtient ainsi des « heures » de 67 minutes.
Recherchons les 3e et 9e heures :



La 3e heure se situe donc entre 09.17 et 10.24 et la 9e heure entre 15.59 et 17.06.

Le Talmud(1) et la Michna(2) nous fournissent de nombreux détails quant aux prescriptions qui règlent le déroulement de ces cérémonies. Il n’est donc pas nécessaire d’en faire mention ici.
Cependant, nous retiendrons un détail intéressant. C’est avec la 9e heure (sacrifice de l’après-midi) que débutait « l’entre deux soirs ». Cette expression désigne la période de temps comprise entre le déclin du soleil et son coucher. Or c’est précisément à ce moment-là que Jésus-Christ est mort sur la croix, à l’instant même où l’on immolait les agneaux pour le repas de la Pâque (Matthieu 27 : 46 ; voir étude sur la Pâque).
Donc, le jour de la Pâque, le Sacrifice perpétuel de l’après-midi se confondait avec le sacrifice de l’agneau de la Pâque (Nombre 28 : 4/ I Corinthiens 5 : 7-8).

Le Christ a-t-il mis fin au Sacrifice et à L’offrande ?

Le livre de Daniel contient une prophétie qui a suscité bon nombre de spéculations.
Cette prophétie dite « des 70 semaines » reprise au chapitre 9, versets 24 à 27 concerne l’avenir de la ville de Jérusalem, de son temple et de son peuple.
Daniel nous révèle que 70 semaines de 7 ans (490 années) sont nécessaires pour amener la justice éternelle et oindre le Saint des saints. Si les 69 premières semaines de 7 ans sont unanimement considérées comme déjà accomplies, la dernière semaine (7 années) décrite au verset 27 fait l’objet d’interprétations pour le moins contradictoires parmi les Chrétiens.

Que dit ce verset :

« Il fera une solide alliance avec plusieurs pendant une semaine, et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu’à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. » (version L. Segond)

Si pour certains Chrétiens cette semaine prophétique de 7 ans a déjà trouvé son accomplissement à l’époque de la première venue de Jésus-Christ, pour d’autres, cette période de temps doit encore avoir lieu et le personnage désigné par le pronom « il » représente, non pas le Christ comme certains l’affirment, mais bien l’impie à venir.
La personne désignée par le « il » ne peut être le Christ. Celui-ci est décrit au verset 26 comme ayant été consacré puis mis à mort sans personne pour le secourir, ensuite le temple et la ville devaient être détruits par un chef et son peuple (vraisemblablement le général romain Titus et ses légionnaires en 70 ap. J.-C).

Bien que l’on puisse considérer que la mort du Christ ait rendu obsolète les sacrifices sanglants d’animaux, manifestement, Jésus n’a jamais conclu aucune alliance de 7 ans et ce n’est pas lui qui a fait cesser le sacrifice et l’offrande. Cette cérémonie est restée en vigueur après sa mort jusqu’à la destruction du temple en 70.
Par ailleurs, Titus n’est pas non plus cet individu désigné par le « il » car il n’a fait d’alliance avec personne et n’a pas fait cesser volontairement le sacrifice et l’offrande.
Que représente alors ce « il » ?

La prophétie des 70 semaines doit être analysée dans son entièreté. Le verset 24 qui nous donne une explication globale de ce qui suit nous dit que ces 70 semaines sont nécessaires pour amener la justice éternelle et pour oindre le Saint des saints.
Alors, posons-nous la question. La justice éternelle est-elle déjà établie ? Le temple est-il déjà rebâti ? Et le Messie est-il déjà présent sur terre ? Non !
Si les péchés (de ceux qui se repentent et acceptent le pardon) ont déjà été pardonnés par le sacrifice de la mort du Christ, il faut bien reconnaître que nous ne vivons pas encore dans un monde où règne la justice et que le temple, où le Messie aura son trône, n’est pas même (re)construit à ce jour.

Ce personnage qui fera une solide alliance avec plusieurs (pays) et qui fera cesser le sacrifice et l’offrande doit encore venir. D’ailleurs, on oublie souvent de citer le verset 4 du chapitre 12 du même livre de Daniel où il est dit que le livre serait scellé et seulement ouvert aux temps de la fin. Cela signifie que la compréhension globale et complète du livre de Daniel ne pouvait être possible qu’à partir d’une certaine époque (en l’occurrence, celle de la fin).

L’évangéliste Matthieu, qui nous donne une description de ce qui va se passer à la fin des jours, nous met en garde et nous invite à comprendre cette prophétie de Daniel (Matthieu 24 : 15).
Matthieu fait référence au verset 27 de Daniel 9 et au verset 11 du chapitre 12 où il est écrit que « l’Horreur abominable » serait placée dans le lieu saint. Il est tout à fait évident qu’il ne peut s’agir ici du Christ qui aurait fait cesser le Sacrifice perpétuel au milieu d’une semaine de 7 ans qu’il aurait conclu avec plusieurs !

Ainsi, si on en croit la prophétie, nous devons nous attendre à voir dans quelques années un temple reconstruit à Jérusalem où le Sacrifice perpétuel sera à nouveau remis en service.
Mais cela ne durera pas ! Un homme puissant aura l’audace de pénétrer dans ce temple et il mettra un terme à cette cérémonie, comme l’avait fait, jadis, Antiochos IV épiphane qui fit cesser les sacrifices et les offrandes de 167 à 164 av. J.-C.(3) (Daniel 11 : 31).
Le monde entrera alors dans une époque d’angoisse et de conflits que la Bible nomme « la grande tribulation » et après trois ans et demi, le Christ apparaîtra pour sauver son peuple et détruire cet homme impie (II Thessaloniciens 2 : 8).

Loin d’être une fiction ou une allégorie, ces évènements tragiques, qui auront lieu juste avant le retour glorieux de notre Seigneur, sont confirmés dans le second chapitre de la deuxième lettre que Paul envoya aux Thessaloniciens ainsi que dans le livre de Zacharie (Zacharie 14) et dans l’Apocalypse de Jean.

Les prières remplacent les sacrifices d’animaux

Lorsque les Juifs n’avaient plus accès au temple, que ce soit en raison de l’éloignement ou parce qu’il n’était plus en fonction, la prière remplaçait utilement les sacrifices.
Maimonide(4) préconisait d’effectuer, à la place des sacrifices, la prière du matin appelée « chaharite » et celle de l’après-midi, la « minha ». C’est du reste ce que faisait déjà Daniel au VIe siècle av. J.-C., lorsqu’il fut déporté à Babylone (Daniel 6 : 13).

Il est difficile de savoir comment se dérouleront les cérémonies du Sacrifice perpétuel lorsque le troisième temple sera reconstruit. Le sacrifice quotidien de deux agneaux est-il encore réalisable à notre époque ?
Bien sûr, seules les autorités religieuses juives sont capables de décider de quelle manière pratiquer ce culte dont elles connaissent parfaitement tous les détails.

Le Chrétien qui aurait l’intention louable de respecter ce Sacrifice perpétuel pourrait avantageusement adresser une prière à Dieu lors de ces heures de sacrifices; tout comme l’avaient fait les apôtres Pierre et Jean qui montaient au temple pour prier à ces heures privilégiées (Actes 3 : 1).
Bien sûr, nous ne sommes plus sous l’Ancienne Alliance. La mort de notre Seigneur a mis un terme aux sacrifices d’animaux (Hébreux 10 : 1-12) et nous pouvons nous adresser à Dieu à tout moment et en tout lieu sans passer par l’intermédiaire d’un grand-prêtre lévite (I Timothée 2 : 8 ; Ephésiens 6 : 18).
Néanmoins, ces heures de prières spécifiques ne sont certainement pas à rejeter.
En effet, rappelons-nous que c’est au moment du sacrifice du matin que les apôtres, réunis pour la Pentecôte, reçurent le don de l’Esprit Saint (Actes 2 : 1-21). C’est également à l’heure du sacrifice de l’après-midi que Corneille eût une vision (Actes 10 : 1-3, 30).
Les prières des justes ne sont-elles pas considérées comme un parfum d’une agréable odeur à l’Eternel (Proverbes 15 : 8 ; Apocalypse 5 : 8 et 8 : 3-4). Ce qui rappelle l’offrande de l’encens faite par le prêtre dans le Temple.

Le Sacrifice perpétuel dans le monde à venir

Ce troisième temple qui s’élèvera à Jérusalem pourra-t-il subsister au conflit annoncé par les prophètes ? Cela est peu probable, d’autant plus qu’un tremblement de terre important est également prédit dans la région par ces mêmes prophètes (Zacharie 14 : 4-5 ; Apocalypse 11 : 13).
Cependant, tous ceux qui lisent la Bible savent très bien qu’un temple magnifique sera reconstruit à l’époque où le Messie régnera sur la terre. Ce temple du Millénium et le culte qui y sera rendu sont parfaitement décrits dans les huit derniers chapitres du livre d’Ezéchiel (Ezéchiel 40-48).
Il est donc tout à fait possible de savoir dès à présent de quelle manière sera célébré le Sacrifice et l’offrande durant l’ère messianique.

« Chaque jour on fera au Seigneur le sacrifice complet d’un agneau d’un an sans défaut. Cette offrande aura lieu le matin. Chaque matin également, on offrira au Seigneur cinq kilos de farine que l’on mélangera avec deux litres d’huile. Les règles de cette offrande quotidienne sont valables pour toujours. L’agneau, la farine et l’huile devront être offerts au Seigneur chaque matin sans faute, et cela pour toujours. » (Ezéchiel 46 : 13-15. Version de la Bible en français courant).

Ce culte quotidien sera donc modifié : il aura lieu uniquement le matin et les quantités de farine et d’huile seront un peu supérieures à ce qui était prévu sous l’Ancienne Alliance.

Cette époque de paix et de prospérité est annoncée par tous les prophètes de la Bible. Il ne fait aucun doute que cela arrivera bientôt. La justice éternelle deviendra alors une réalité et elle sera établie sur toute la terre.
En ce temps-là, des ambassades du monde entier se rendront à Jérusalem pour célébrer la fête automnale des Tentes. Beaucoup d’hommes de toutes nations auront alors l’opportunité d’assister à ce Sacrifice perpétuel et jamais plus il ne sera interrompu ou prohibé par qui que ce soit (Zacharie 14 : 16 ; Michée 4 : 1-3).

Notes :

1) Le Talmud est une compilation des discussions rabbiniques sur différents thèmes. Il est composé de la Mishna et de la Guemara. Le Talmud de Jérusalem date du IVe siècle alors que celui de Babylone date du Ve siècle.

2) La Mishna est une compilation des lois orales juives qui fut achevée au IIe siècle. Les 63 traités qui la composent règlent les questions relatives à l’agriculture, le calendrier et les fêtes, l’éthique, la morale, l’abattage rituel, etc.

3) Antiochos IV Epiphane est un roi de la dynastie Séleucide. Ce souverain vaniteux et sanguinaire fit cesser les sacrifices et les offrandes de 167 à 164 av. J.-C. Il plaça une statue de Zeus olympien dans le temple de Jérusalem et ordonna de sacrifier des porcs sur l’autel. Cette acte impie constitue « l’abomination de la désolation » décrite en Daniel 11 : 31 et représente une préfiguration de ce qui se passera (à peu de chose près) aux temps de la fin (Daniel 12).

4) Moïse Maimonide, médecin et philosophe juif né à Cordoue en 1138 et mort à Fostat en 1204. Ce commentateur de la Mishna, qui fut un des plus grand penseur juif, exerça une influence importante aussi bien au sein de sa communauté que chez les non Juifs.

Salutations fraternelles,

Mars 2009
Jacquy Mengal

2 commentaires:

  1. outre l'abolition du sacrifice perpétuel le second indice doit être considéré : l'abomination de la désolation.
    cet indice pourrait être la construction sur le mont du temple en l'an 679 de ce qui deviendra la mosquée d'Al-Aqsa.
    Cette hypothèse se fonde sur le fait que les prières juives y devenues dès lors interdites, la vacuité spirituelle qui en aurait résulté pourrait se comprendre comme une. "abominable désolation".
    ainsi si l'on ajoute a l'an 679 (révolu, donc 680) 1290 ans et 45 ans cela nous donne l'année 2015
    (A noter que la fête des tentes débutera le 28 septembre 2015).
    Un Anonyme.

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    1. Quoique votre interprétation soit audacieuse elle est néanmoins intéressante. Mais il ne faut pas oublier qu'il peut y avoir plusieurs accomplissements d'une même prophétie. C'est le cas ici: une première réalisation de "l'abomination de la désolation" a bien eu lieu en 164 av. J.-C. avec l'acte impie perpétré par Antiochos Epiphane. Bien à vous cher Anonyme.
      Jacquy Mengal

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